Avril 1912. Devant vous, le plus grand paquebot jamais construit s’apprête à quitter Southampton pour New York. À son bord, deux mille deux cents âmes. Et parmi elles, l’histoire d’Henry, jeune steward amoureux qui va croiser les personnages qui ont fait l’histoire de ce bateau. Nous sommes le 10 avril au matin. Cet homme sur le pont, c’est Thomas Andrews, le père de ce géant des mers. Il est fier de vous présenter le Titanic…
CHANSON 1 — LE GÉANT DE BELFAST
Interprète : Andrews (baryton-ténor), avec ensemble en bridge et final
Style musical : Hymne anthémique d’ouverture. Tempo modéré et ample, cuivres et cordes, finale chorale belted.
Lieu et moment : Quai de Southampton et pont supérieur du Titanic — 10 avril 1912, matin de l’embarquement.
Sur scène : Andrews debout au bastingage. Foule de passagers et journalistes en arrière-plan. Ouvriers de Belfast venus voir partir leur œuvre. Équipage qui s’affaire. Drapeaux, sirènes du navire.
Action : Andrews présente fièrement le Titanic au monde et énumère ses caractéristiques. Hymne triomphal d’ouverture qui installe l’orgueil avant la chute.
Décor
Le Grand Escalier central pleinement éclairé en lumière chaude dorée. La plateforme supérieure tient lieu de pont de bastingage, équipée d’une rambarde temporaire. Cyclorama : projection du port de Southampton, drapeaux et foule. Les trois chandeliers sont entièrement descendus et étincelants. Sirène réelle en début et fin de chanson. Aucun mobilier roulant — la scène est dégagée pour la présentation.
Notes dramaturgiques
Andrews est joué dans la fierté sincère et l’enthousiasme amoureux, jamais dans l’arrogance. Il est l’artisan qui présente son chef-d’œuvre, et il croit profondément à son invincibilité. La résonance tragique vient du contraste entre ce qu’il chante et ce que le public sait. Le baryton-ténor doit ouvrir grand sa cage thoracique et trouver l’éclat triomphal sans jamais durcir. Le bridge choral doit donner l’impression que c’est tout un siècle qui chante avec lui.
Détails historiques
Thomas Andrews (1873-1912), ingénieur en chef de Harland & Wolff, accompagnait le voyage inaugural. Caractéristiques attestées : environ 269 mètres, 46 328 tonnes de jauge brute, 9 ponts, près de 840 cabines, trois cheminées fonctionnelles (la quatrième, factice, servait d’aération).
Paroles
Voici l’ouvrage de mille ouvriers,
Voici ce vaisseau de bois et d’acier,
Le Titanic, que j’ai imaginé,
C’est aujourd’hui une réalité.
Quarante-six mille tonnes de ferveur dans les embruns,
Trois cheminées qui crachent l’orgueil du genre humain,
Neuf ponts, mille cabines, le luxe en ligne de mire,
Un palais flottant que tout un siècle admire.
Voici l’ouvrage des mains de mille forgerons,
Voici le souffle d’acier devenu notre fleuron,
Le Titanic, géant que Belfast a porté,
Plus haut que les clochers, c’est ma plus grande fierté.
Southampton, berceau de ce vaisseau royal,
Les drapeaux frémissent sur ce cheval triomphal,
Mes ouvriers fringants ont versé leur sueur,
Chaque boulon vissé, serré avec vigueur.
[Avec le chœur — l’ensemble rejoint Andrews.]
Plus jamais l’océan ne nous fera plier,
Plus jamais nous n’aurons à le supplier,
L’homme a forgé son temple aux miroirs millénaires,
Sous le ciel aujourd’hui, nous ne pouvons qu’en être fiers.
Voici l’ouvrage des mains de mille forgerons,
Voici le souffle d’acier devenu notre fleuron,
Le Titanic, géant que Belfast a porté,
Plus haut que les clochers, c’est notre plus grande fierté.
(Plus haut que les clochers, c’est notre plus grande fierté.)