Sylvie remarque qu'Édouard est triste. Elle l'interroge avec douceur. Il finit par se livrer — sa première confession sincère. La musique se réduit au piano, et la voix d'Édouard devient presque parlée-chantée. Sylvie l'interrompt avec quelques mots qui essaient (maladroitement) de le réconforter.
DIALOGUE D'INTRODUCTION (PARLÉ CHUCHOTÉ)
SYLVIE : Vous m'avez l'air bien triste vous, dites-moi…
SYLVIE : Vous n'aimez pas trop les mariages, c'est ça ?
COUPLET 1
ÉDOUARD : Je déteste les mariages, le mien a été un naufrage,
ÉDOUARD : Un je t'aime pour la vie, un serment d'un autre âge,
ÉDOUARD : Les certitudes un jour se brisent comme du cristal,
ÉDOUARD : Je n'étais pas son style, loin s'en faut.
COUPLET 2
ÉDOUARD : Elle m'a trompé avec le temps,
ÉDOUARD : L'amour c'est comme un chewing-gum,
ÉDOUARD : Ça perd son goût lentement.
ÉDOUARD : Au début tu le croques, il est sucré, il colle,
ÉDOUARD : Puis c'est comme le reste, la pâte devient molle.
PRÉ-REFRAIN
ÉDOUARD : Regardez ma petite sœur qui gobe le conte de fées,
ÉDOUARD : Elle se marie aujourd'hui, il va falloir signer.
REFRAIN
ÉDOUARD : L'amour rend aveugle, le mariage rend la vue,
ÉDOUARD : L'amour rend aveugle, on est souvent déçu,
ÉDOUARD : On se jure l'éternité au pied des chapelles,
ÉDOUARD : Puis on compte les défauts, et on enchaîne les querelles.
PONT (PARLÉ)
SYLVIE : Mais l'amour c'est beau quand même !
SYLVIE : L'amour, ça va, ça vient, et quand ça vient, ça va…
ÉDOUARD : On n'a d'amis que les gens avec qui on n'a pas envie de coucher.
SYLVIE : Aïe ! On ne va pas être amis alors, c'est pas gagné.
REFRAIN FINAL
ÉDOUARD : L'amour rend aveugle, le mariage rend la vue,
ÉDOUARD : L'amour rend aveugle, on est souvent déçu,
ÉDOUARD : On garde en amis les rendez-vous manqués,
ÉDOUARD : Et on cherche en silence le couvercle espéré.
OUTRO
ÉDOUARD : L'amour rend aveugle… puis on voit tout…