Henry est sur le pont. Il contemple l’horizon. Il pense à celui qui l’attend, là-bas.
CHANSON 12 — SOUS LES MÊMES ÉTOILES
Interprète : Henry (ténor aigu), avec voix parlée de Samuel à distance
Style musical : Duo lointain (split-screen). Piano et cordes douces. Tempo tendre, dynamique retenue.
Lieu et moment : Split-screen scénique. Pont arrière du Titanic à jardin. Fenêtre de Greenwich Village, New York à cour. Voile noir étoilé entre les deux — 14 avril 1912, 22 heures, ciel constellé. Six heures avant la collision.
Sur scène : Henry sur le pont arrière, chante, tasse de thé à la main. Samuel à sa fenêtre new-yorkaise, parlé, lit une lettre, lampe à pétrole. Les deux ne se voient pas mais se parlent à travers les étoiles.
Action : Les deux amants se parlent par-dessus les milliers de kilomètres. Henry pose son leitmotiv « Je reviens vers toi ». Dernière respiration tendre avant le naufrage.
Décor
Le plateau se divise visuellement en deux. À jardin : la plateforme supérieure tient lieu de pont arrière du Titanic (rambarde, Henry seul). À cour : un panneau coulissant se positionne pour figurer une fenêtre encadrée — Samuel est révélé en intérieur, lampe à pétrole pratique, journal ou lettre à la main, fauteuil. Entre les deux : le Grand Escalier reste en place mais voilé d’un tulle noir étoilé qui sépare visuellement les deux mondes. Cyclorama : ciel étoilé identique des deux côtés. Lumière chaude basse pour Henry, lumière chaude jaune pour Samuel — qui ne se croisent jamais.
Notes dramaturgiques
Scène d’extrême tendresse, sans pathos. Les deux personnages ne se voient pas mais se sentent : tout le jeu repose sur la conviction sincère qu’une présence répond à l’autre. La voix de Samuel doit être posée, mate, plus grave qu’on ne s’y attend : c’est l’homme qui attend, c’est l’ancrage. Henry doit chuchoter ses couplets, en surplomb, comme une prière. Le couplet 4 (« Ici encore pour certains je suis différent ») est l’épanouissement du personnage : il a appris quelque chose, il s’assume. Travailler à ne pas surjouer le contraste, ni la nostalgie : on est dans le présent, pas dans l’adieu. Le public, lui, sait.
Paroles
Vingt-deux heures à New York, mon Samuel doit veiller,
À Greenwich, près de la Sixième, sa fenêtre est éclairée,
Je suis sur le pont, je regarde l’horizon noir,
Et je sais qu’au même instant, lui aussi peut me voir.
Samuel — Henry, je sais que tu approches. J’ai compté les jours sur mon calendrier. Plus que quatre, mon amour.
Sous les mêmes étoiles, mon amour me regarde,
Sous les mêmes étoiles, le même Dieu nous garde,
La grande Ourse est la même pour toi et moi.
Tiens bon, tiens bon, c’est presque demain,
Tiens bon, tiens bon, je sens déjà ta main.
Je viens vers toi, je viens vers toi,
À travers les marées, je trace ma voie,
Je viens vers toi, tu seras mon refuge,
Ensemble bientôt sans que le monde nous juge.
Sous les mêmes étoiles, je te rejoins par la pensée,
Sous les mêmes étoiles, nos âmes vont se toucher,
Quatre nuits encore, quatre nuits, et c’est promis,
Nous bâtirons un monde, nous bâtirons nos vies.
Je viens vers toi, je viens vers toi,
À travers les marées, je trace ma voie,
Je viens vers toi, tu seras mon refuge,
Ensemble bientôt sans que le monde nous juge.
Ici encore pour certains je suis différent,
Je me moque bien de tous ces ignorants,
J’ai trouvé ici des amis, des frères,
Qui plus que tout m’ont rendu fier.
[A cappella, chuchoté.]
Je viens vers toi, je viens vers toi,
À travers les marées, je trace ma voie,
Je viens vers toi, tu seras mon refuge,
Ensemble bientôt sans que le monde nous juge.
Je viens vers toi, je viens vers toi,
À travers les marées, je trace ma voie,
Je viens vers toi, tu seras mon refuge,
Ensemble bientôt sans que le monde nous juge.
(Ensemble bientôt sans que le monde nous juge.)